J'étouffe. J'ai mal. Je ne pense pas que tu ressentes la même chose, sinon ma douleur ne serait pas aussi grande. Ma douleur n'existerai même pas. Pour moi, tu es mort. Même si tu es toujours vivant, même si tu continues d'exister... Pas pour moi. Je ne te vois plus, je ne t'entend plus, je ne te sens plus. J'ai même pas fait mon deuil : je ne t'ai pas dis au revoir. Quel importance, me diriez-vous. Mais perdre l'être qu'on aime, c'est pas supportable, désolée. Chaque fois que je pense à toi - c'est à dire tout le temps - j'ai quelque chose qui me sert le coeur, jusqu'à ce qu'il explose sous la pression, en million de petit morceau. Le pire c'est que chaque seconde il se reconstruit pour se détruire encore plus violemment. J'ai aussi une enclume sur la poitrine, celle-ci m'empêche de respirer, le soir les larmes coulent et j'arrive qu'à hoqueter, ne trouvant pas l'air suffisant. J'ai l'impression de mourir... Sans compter ce trou béant, qui grandit au fur et à mesure. Un vrai trou noir qui va finir par m'engloutir. Et ce trou noir, il saigne aussi. Comment suis-je encore debout ? Je me le demande aussi. Je m'auto-persuade que je suis forte, mais au fond, je n'y arrive pas. Tout mon corps te réclame. Je veux que tu m'embêtes denouveau, je veux te courir après pour un petit objet qui ne coute qu'1¤, je veux que tu m'enlaces denouveau, je veux sentir ton odeur, je veux revoir tes yeux, ton sourir... Je veux que tu me regardes encore et encore droit dans les yeux et me dire que je sis belle. Je veux denouveau entendre le son de ta voix. Je te veux toi. Que tu m'aimes ou pas, je m'en fiche c o m p l e t e m e n t. Je veux juste te revoir, faire mon deuil et déchirer la page. Parce que j'ai beau la tourner, elle ne fait que se remettre devant mes yeux. Volontairement ou pas. Voilà pourquoi j'ai mal, pourquoi j'étouffe. Sa semble tellement rien, mais j'ai jamais ressentie sa. Quand vous le vivrez vous verrez de quoi je parle, de la respiration coupée, du trou béant, des milliers de couteaux qui vous transpercent, encore et encore. Moi j'en peux plus, je veux conaitre le soulagement que j'aurai quand je te reverrai, même si je te dirai au revoir pour la toute dernière fois... J'ai trop besoin de toi, désolée.